Comme quoi (extrait) par Dominique Quélen

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

Comme quoi (extrait) par Dominique Quélen

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le Zwin. Mettons Cadzand-Bad, plage vide, fin février. Nuages poussant leurs plaques d'ombre (qu'on trouve dans le retournement des morts). Pluviers, petits échassiers, troupe légère. Au large, trois têtes en bonnets noirs, l'écart un instant égal entre elles. Tout ce qui peut être quand on écrit : la poésie, la prose, l'endroit de la jointure. Elle se fait ou non. N'existe plus, par exemple, en quatre sur douze










se contenant moins qu'il ne se défait d'une charge. Parce qu'il va vers cette forme résolue de douleur. Celle sans fin ni raison. La conscience de soi redistribuée, visiteuse, éparse. L'esprit ailleurs. Les bras dans la pure soumission au geste (ou à l'épreuve ainsi définie). Des contusions de matière et de sang. Toute la nature congestionnée. Toute la face qu'ensemble ils montrent et qui les désigne : comme le verre et l'eau s'étreignent, s'essuient l'un à l'autre










elles sont, ces figures, comme des chiens errants. Leur ombre sur le sol, une surface. Au-dessous (la poche ayant crevé) s'épanche une ombre plus lourde. En sorte que se forme un dépôt où ramper est déjà s'élever sous les regards. Où rampe jusqu'à une eau soluble qui est là, sur soi, et qu'on emporte : à la vue, rien de changé, le monde comme avant. Au toucher, presque une poudre