10 pour George de David Antin par Bruno Fern

Les Parutions

08 févr.
2015

10 pour George de David Antin par Bruno Fern

  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google+
  • Google +1

 

De l’auteur, j’ai déjà écrit le bien que je pensais, du moins via la recension d’un livre ici même[1]. Du traducteur, idem[2]. Du grand poète américain (1908-1984) auquel sont dédiées ces dix brèves proses, dans l’un de mes carnets de lecture, j’ai noté ceci depuis des années : « Une série discrète est une série de termes dont chacun est empiriquement tiré du précédent, dont chacun est empiriquement vrai. », phrase prélevée dans Ma haie (Un privé à Tanger II), POL, 2001, d’Emmanuel Hocquard. Donc, pour ce qui est d’effectuer des prélèvements dans ce qui constitue indéniablement une suite aux liens discrets, en voici quelques-uns :

 

1 – « Un jeune homme a écrit un petit livre de poèmes. […] Il fait du porte-à-porte, essaie de vendre son livre. »

 

2 – « George et Mary rendent visite à quelques-uns de ces écrivains puis décident de sortir de Paris et de s’aventurer un peu à la campagne. […] Leur vocabulaire agricole en français est considérablement enrichi. »

 

3 – « À l’hôpital, il découvre qu’il est blessé, que les deux G.I. sont morts et que pour lui la guerre est finie. »

 

4 – « Le bus refait le tour du rond-point et cette fois monte sur le trottoir, droit sur le petit homme, qui lestement saute sur le côté et se remet encore à tirer en direction du bus qui s’éloigne. »

 

5 – « George ralentit mais ferme la vitre et continue d’avancer. »

 

6 – « Il a fallu deux agents de sécurité pour que George lâche le type. »

 

7 – « – Je ne sais pas. Je n’ai jamais eu de père. »

 

8 – «  Pour moi, c’était un pic à glace à planter dans une réalité qui sans cela paraît confuse. »

 

9 – « Tu réalises, David, la responsabilité que nous avons d’être mariés à de belles femmes. »

 

10 – « Je me suis tordu de rire jusqu’à ce que je m’aperçoive que George, tout en racontant l’histoire, avait très soigneusement reversé nos verres dans la bouteille et qu’il remettait la bouteille au réfrigérateur. »