Nichane tout droit de Jean-Marc Baillieu par Christian Désagulier

Les Parutions

12 oct.
2020

Nichane tout droit de Jean-Marc Baillieu par Christian Désagulier

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Nichane tout droit de Jean-Marc Baillieu

des chemins semés de pierres et de sable, sablés de sèmes, chemins aux bords desquels poussent monts et vaux, villes et villages blanchis autour des puits, entre des citadelles en ruine aux murailles en forme de dunes : cicérone de mirages..

chemins se lisant comme lignes de la main de Fata Morgana : chiromancien..

parti à la rencontre de sœurs et frères d’âme, il te faudra pour y parvenir prendre le ‘Trik chemin’ en pays berbère, emprunter les ‘QDC VNT : rues’ pour sortir de la ville à dos de ‘cent cinq l’éléphant,’ en fixant ‘cinquante trois l’étoile’ : conteur sur nos oreilles..

additionner d’abécédaires ‘MérOUS’ avec de tout, ‘Kaa Kef Kelb…’ c’est-à-dire ‘Sol falaise chien…’ avec ‘Taï ter touba tour trik’ c’est-à-dire ‘Thé oiseaux motte de terre séchée bœuf de labour chemin’ : montreur de chèvres et d’ânes que les dénivellements de lecture ne rebutent pas..

si chemin se dit Trik en langue arabe, lequel s’écrit en lettres cursives, semaisons de traces traînées et de cailloux butés, chemin se dit Abrid en amazigh lequel se note à base de symboles algébriques, le même chemin autrement dit autrement écrit : nom de pays le nom..

un dépaysement c’est-à-dire un nouvel empaysement toponymique aux chemins faisant de lignes droites branches d’hyperboles de contournement, de longs détours magnétiques, gare aux sécantes attirantes, chemins faisant de regrets plus tard : revenant sur ses pas..

il te faudra alors prendre ‘Nichane tout droit’ dont Frédérique Guétat-Liviani a réalisé un relevé topographique bicolore qu’elle a dessiné à l’intérieur de l’emboîtage, à vue d’yeux si transperçants que leurs aiguilles empêchent parfois de les fermer, une carte si précise que tu ne pourras pas te tromper pour te perdre pourvu de suivre les courbes de niveaux reproduisant ceux de lecture de la trilogie maghrébine de Jean-Marc Baillieu :

Oui, dans les fondouks où logent voyageurs, pèlerins et journaliers de passage, le bonheur aussi y est fugace, et le Rétributeur – qu’il soit loué – apparie toujours le bien au mal, la rose à l’épine

 un guide de voyage d’une grande douceur descriptive argentique aux sertis de noms ambre et turquoise dont le phonétisme corallien tient lieu de concentré d’images Trik, Abrid, Nichane et les notes prises dans la rue et sur les pistes comme de ces chants poégraphiques aborigènes pour quand on reviendra, dont on se souviendra à la prochaine lecture : nom de pays le pays..

 

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