Yes by yes par Béatrice Machet

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

Yes by yes par Béatrice Machet

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Le Rayol, mai 2017.

Letters are answered before us”;
Symbolism means yes by yes with part of it which they take”.

G.STEIN in History or Messages from History

 

 

Tourner le dos. Le faux pas de la mer. A un jet de pierre. Sans surprise ni hasard. Le niveau se dégage. L’eau serait-elle immortelle. L’eau de ma vie allée avec. Ce souffle de cheveux. Laine et moutons sous les doigts. On dit des notes et ça musique des paroles. A la frontière des saisons. Sur l’horizon de toutes les mémoires. Teintes vives et demi-tons tracent l’axe vers l’île. Douceur de l’air. L’espace ouvre à la terre un envers possible. Ta voix pose des questions sur les ondes qui m’enveloppent. « yes by yes » et lame après lame comme un amour entre les mains. La part lunaire du jour sur une crête. Des noms funambulent. Instantané arraché au vif du temps qui encercle. Quand un courant libère un retrait en forme d’avancée. Comme un jamais avoue toujours. De biais sans vous quitter des yeux. Dans son recul l’œil englobe un face à face. Un cœur à cœur. Une mise à la taille du poing. Au fur et à mesure de son long monologue le ciel s’éclaircit. Lente patience. C’est ici que fraîcheur rattrape. 

 

On tourne le dos. Au faux pas de la mer. 

 

On tourne. Le dos comme un grand calme. Celui qui contient la tempête. Quelque humeur attachée au chagrin. Je l’ai arrachée car ce n’est pas trop loin qu’aller de fureur et d’élan. On dit mordre. On dit mordue. Ce sont les mains jusqu’au sang. On dit tendues. Ce sont lèvres de promesses. Le souffle court du verbe courir. Le souffle sourd du verbe sourire. Les yeux attendris qui n’attendent rien. Du verbe voir. Ce qui laisse sans voix. 

 

On tourne sa langue. La mer dans l’oreille. 

 

Pas question de hausser. Ni voile ni ton. Le vent se lève puisque soleil se couche. On dit le temps passe. Sans destination. Le lieu reste ne s’en trouve pas plus ému. Sans un geste. On tourne parce que pas de perte dans le cercle même si raison ici pas bien gardée. Pas d’enquête. La connaissance avec le corps. Cou nuque un tout nu sans chute ni tranché. Juste le roulé rien que pouls et pas à pas il nous faut. Comme venus on s’en retourne.

 

Parce qu’on tourne le monde. Adossés à la mer.

 

Le commentaire de sitaudis.fr

 

Extrait de "Se labourer l'être ", travail en cours.