Cahiers Artaud, numéro trois par Jacques Barbaut

Les Parutions

28 déc.
2017

Cahiers Artaud, numéro trois par Jacques Barbaut

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Pour Alain Jugnon l’énervé qui coordonne.

 

Pour Pacôme Thiellement le gnostique qui manque s’évanouir à chaque fois qu’il rencontre sur sa route un pan de mur en trompe-l’œil, angoissé à l’idée de s’y voir projeté, plaqué — emprisonné parmi les hommes plats.

 

Pour Camille Dumoulié qui constitue, conjugue « Artaud-la-peste », ses miasmes et son carnaval, ses ravages et ses manifestations (peste noire, peste bubonique, ou peste sociale, physique et mentale), et certains maux ou affections y afférents — Pourquoi l’ergotisme fut-il appelé « feu de saint-Antoine » et pourquoi les Antonins furent-ils dévolus à son traitement ?

 

Il n’y a la peste,
le choléra
la variole noire
que parce que la danse
et par conséquent le théâtre
n’ont pas encore commencé à exister.

(A. A.)

 

Pour Jérôme Duwa qui réfléchit la dyade Artaud-Adamov : « Sur le dessin qu’il fait de son ami en 1946, Artaud a écrit : Arthur Adamov auteur de l’Aveu livre unique dans l’histoire des lettres. »

 

Pour Killoffer, Placid et Muzo, Jean-Christophe Menu, Antonio Werli ou Vincent Corpet, qui illustrent, enluminent, s’écartent ou blasonnent.

 

Pour Henri Thomas et Marthe Robert qui, par la volonté de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, témoignent (« La Véritable Histoire d’Artaud le Mômo ») :

« Et puis je suis arrivé à Rodez par une tempête de neige, l’hospice de Rodez c’était quelque chose… J’ai cru passer dans un autre monde. C’était comme un petit couvent, loqueteux, un petit couvent, avec des arcades, des petites arcades autour d’une cour déserte, et puis un bruit de sabots. » (HT)

« D’abord l’endroit était sinistre, enfin, plus sinistre peut-être que la plupart des asiles départementaux. C’était en soi horrible !... Les patients qui entouraient Antonin Artaud, c’étaient, dans l’ensemble, des goitreux des montagnes. C’étaient vraiment des débiles. » (MR)

 

Pour Jordi Soler qui évoque le corps d’Antonin Artaud lors de son voyage au pays des Tarahumaras, peu accoutumé à la rudesse de la vie au grand air, à dos de cheval, exposé au soleil inclément de Chihuahua et aux gelées nocturnes de la Sierra Madre, en route pour assister à la cérémonie du peyotl : « Des années plus tard, il écrirait sur ce moment où, au milieu des défilés, il avait largué les amarres qui le rattachaient au monde occidental et s’était laissé conduire au cœur du monde primitif, du monde originel, du monde indigène qui, selon ses abondantes réflexions sur le sujet, n’avait été ni contaminé, ni corrompu, ni ruiné par la civilisation dont il venait. »