Ruines de Perrine Le Querrec par Christophe Stolowicki

Les Parutions

28 avril
2018

Ruines de Perrine Le Querrec par Christophe Stolowicki

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Perrine, dite Unica, dite Anna fore son tunnel de crêtes et de caroncules. Autophage la totologie. Rime vaillante, défaillante, la totologie. Perrine en ses verrines, Perrine Séverine souveraine soulève, lève un lièvre en deux, grandes lèvres d’une plaie, érotique. Unica Zürn, Hans Bellmer, de leur amour unique tout en déboîtements, désarticulations, ficelles d’une marelle à cloche-pied crochent dans le cœur d’Anna, dite Perrine, dite Unica, « enlacés leurs anagrammes », un cache noir en guise d’envers final, initial, d’artistes dégénérés. Le nazisme en toile d’arrière-fond tale ces fruits uniques. Unica & Hans butent vers à vers sur le mur de droite. « Détache-moi s’il te plaît, j’ai mal / J’ai mal à moi » à mitraille de noir en guise de vers avère les enfermements psychiatriques. « Les bras d’Unica encombrés du corps de la Poupée ». Décalé d’une marge un poème, un seul, tranchant de souffle dans l’implacable, ne bute plus à droite, se suspend aux prépositions en avancée, rejets brusqués, d’un elliptique soutra de la ligature ; sa pré-position dans le vide préfigure Araki. De post-ante-antépénultièmes laisses est raturé le  corps de texte afin qu’advienne Unica la poète. Qu’un couple essaime. Wagon après wagon un train de caches noirs masque un dernier vers à peu d’ajours. Au poème final, celui du suicide, un bloc en escalier de noirs bute au blanc. UNICA & Hans, mes parents d’après-guerre, Paris.