c=h=è=r=b=è=t=i=n=a par Éric Houser

Les Incitations

28 oct.
2010

c=h=è=r=b=è=t=i=n=a par Éric Houser

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Chers Bettina, François, Pascale, et ici deux remarques s'imposent :

1. L'ordre alphabétique (ou plutôt le désordre) a seul guidé cette adresse, en sorte que Bettina apparaît en première position non par priorité d'éminence, mais par la grâce de la première lettre de son prénom, puisqu'il est convenu que l'ordre alphabétique (ou plutôt le désordre) se décline, toujours et en tout lieu (du moins il me semble), par réglage sur la première lettre exclusivement, c'est-à-dire à l'exclusion de toutes les autres, alors qu'il eût été possible d'envisager un autre système, voire un tout autre (du moins l'imaginé-je souvent), par exemple, de régler la succession des (items) non plus sur la première lettre mais sur la deuxième, ou la dernière, ce qui dans le cas présent eût donné, dans ce cas-là, Pascale, Bettina, François (pour la commodité de l'exposé, il est possible de provisoirement faire l'impasse sur l'adjectif cher, au pluriel, qui précède et englobe, dans un même geste, nos trois (items)) (ici s'impose à moi, du moins il me semble, l'idée que la voyelle est du genre, métaphoriquement parlant, féminin, tandis que la consonne serait plutôt du genre, tout aussi métaphoriquement parlant, masculin, ce qui en l'occurrence, dans le cas présent, à l'occasion de cette suite-là, à l'énoncé de ces trois prénoms-là, en insistant si faire se peut sur la deuxième lettre de chacun d'eux, produit dans l'esprit une étincelle d'euphorie, fugitive, certes, mais réelle, si l'on considère, d'une part, que Pascale, Bettina, première, et seconde, nommées, sont du genre, si l'on peut dire, féminin, tandis que François serait plutôt du genre, si l'on peut dire aussi (du moins il me semble), masculin), dans ce cas-ci, Bettina, Pascale, François, et ici une remarque s'impose, ou plutôt elle ne s'impose pas, laissant la place, enfin, à la deuxième :

2. L'adjectif cher, au pluriel, qui précède et englobe, dans un même geste, nos trois (items) (j'ai nommé Bettina, François, Pascale - du moins il me semble), est un coussin, un coussin global (puisqu'il englobe, dans un même geste, nos trois (items), s'il est permis, pour un coussin, d'englober), comme ne l'indique que trop le pluriel, étant observé que la détestable, quoiqu'immémoriale, ou que l'immémoriale, quoique détestable, prééminence grammaticale du genre masculin sur le féminin, conduit dans le cas présent, par un automatisme d'habitus inné, incurvé et énervant, à écrire chers plutôt que chères, alors même que la majorité absolue, si l'on peut dire, dans le groupe d'(items) Bettina, François, Pascale (et j'aurais pu tout aussi bien évoquer Bettina, Pascale, François, ou Pascale, Bettina, François, ou Pascale, François, Bettina, ou François, Bettina, Pascale, ou François, Pascale, Bettina - c'eût été idem) revient sans conteste aux (items) de genre féminin, en sorte qu'il eût été plus juste, plus délicat, plus coussinesque ©, de déposer pour chaque (item), le précédant sans l'englober, un seul (petit) coussin, ce qui eût donné chère Bettina, cher François, chère Pascale,

j'ai beaucoup aimé vos déplacements du problème !, et je dirais même plus, J'AI BEAUCOUP AIM… VOS D…PLACEMENTS DU PROBL»ME !



Les Déplacements du problème, par Grand Magasin, Théâtre de la Cité internationale, 17, bd Jourdan, Paris 14e, RER Cité-Universitaire. Tél : 01-43-13-50-50. Jusqu'au 30 octobre. Puis à Cavaillon et dans sa région du 16 au 22 novembre, à Montbéliard le 30 novembre, et à Vandœuvre-lès-Nancy du 2 au 5 décembre.
GRAND MAGASIN

Lire les (vraies) critiques de cet excellent spectacle dans Libération du 20 octobre et Le Monde du 23 octobre.