Dictons d'émois de Jacques Demarcq par Jacques Barbaut

Les Parutions

27 sept.
2012

Dictons d'émois de Jacques Demarcq par Jacques Barbaut

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   Nous le savons moult preuves depuis quelques lustres : un dénommé Jacques Demarcq — Oisien, ozio — Pique ! Hardi ! — guère oisif — usine, machine — imagine-et-réalise —, écrit, dessine, musique des pages, pages qui, agencées toutes en tant qu’unités visuelles et spatiales, forment enfin des livres libres à trois dimensions.


   Passant d’une seule enjambée — un grand écart — des psautiers enluminés du Moyen Âge aux affiches cubofuturistes et autres manifestes constructivistes russes (agencement des formes géométriques élémentaires : la ligne, le point, le cercle et le carré, le cube et le cône, l’étoile, la flèche et le marteau), Demarcq, expert en graphisme et typographie, avec ces Dictons d’émoi, produit son livre d’heures — de matines à complies, ou de la Saint-Glinglin à la Saint-Sylvestre. Un calendrier — « sablier du calme encrier » — ou agen-dada non exempt des homophonies et crocs-en-langue qui révèlent l’émoi sensuel du moi des mois (j’enviais, fais vriller, etc.), la semence des semaines, le jouir des jours, la secousse des secondes...


   Déconstruisant le Constructeur, ce livre d’enfance (découpages des gommettes à mouiller avec la langue), ce carnet en couleurs — cousu à la machine Singer — qui joue du cyяillique comme de l’éяotique, qui culbute, co(n)casse les syllabes, se greffe d’une aile nord-est, inspirée des œuvres d’El Lissitzky, le suprématiste, où d’originaux origamis nous inciteraient à prendre des ciseaux pour libérer des oiseaux, des oiseaux de papier calculateurs qui, arrivés au 7e ciel, chanteraient « huit-8 ».


— A insérer dans un pa-ni-er-neuf — on vous le serine.