Loi n de Marco Boubille par Jacques Barbaut

Les Parutions

08 oct.
2008

Loi n de Marco Boubille par Jacques Barbaut

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Qu'est-ce qu'« un volume sans repère » ? Un ouvrage qui prendrait malin plaisir à vous tenir éloigné, à l'écart, à distance ; qui aurait pour projet radical de vous perturber, de vous tenir (à) dos ; qui voudrait vous repousser, même ?

Entre Loi n et loin : toute la différance - l'intervalle conventionnel -, d'une espace typographique.

« Une transcription phonétique du silence sur la carte. »

Un blanc.

« Pas même un murmure dans une langue étrangère. »

- Un grand écart. -

Par exemple au compas, sur le plan : « entre le premier microscope en 1618 et l'armistice en 1918 ».

« Logique, au milieu de tout ça, une phrase d'où ne vient rien. »

Ailleurs, il est déclaré paradeur [entre crochets : « les films, les héros, les clowns, de danses, mes comédies, tours de rôles burlesques, accrochées, tic-tac, à la manche »], avec interpolations, listes paradoxales et détours de passe-passe.

D'où sourd notamment ce malaise ? ce malaisé ?... Je remarque enfin qu'aucun nom propre - ni patronyme ni toponyme - ne parsème ce texte : « Rien, ne me demande pas, le nom de ma famille. »
Je relis pour vérifier ; deux prénoms, pourtant, une fois : « Alexie frère d'Alice » ; je note, in extremis, la dysorthographie ; un lointain souvenir surgit alors pour exhumer une définition d'un dictionnaire (psychiatrie) :
« alexie, n.f. - incapacité, liée à une lésion cérébrale localisée, de reconnaître le sens des mots à la lecture » (TLF).

D'une certaine façon, cette trouvaille - carrollienne ? - me rassure...

« On dit, ne dit-on pas : ìje n'y ai vu que du feu", la brave expression pose un tour. »