Cadavre Grand m'a raconté...de Ivar Ch'Vavar par Nathalie Quintane

Les Parutions

04 sept.
2005

Cadavre Grand m'a raconté...de Ivar Ch'Vavar par Nathalie Quintane

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On en sort héberlué. Tellement, qu'on a peur de ne pouvoir rendre justice àce livre énorme, cérébral et terreux. Cérébral, parce qu'il fait, à lanotion d'auteur, un sort inédit. Ch'Vavar (déjà pseudonyme) n'occupe ni laposition de Pessoa (ses hétéronymes sont trop nombreux, trop emboîtés, cesont hétéronymes d'hétéronymes, et le nom original a tout à fait disparu,s'y est dissous à un point tel qu'on doute qu'il ait jamais existé : il n'ya pas même "Pessoa", il n'y a vraiment personne), ni celle de Mallarmé, carcette dissolution s'opère paradoxalement par et dans une monstrationproliférante et non dans un retrait sec. Ce livre est terreux -souterrain -, parce que ses matières (on ne peut dire sa matière, ce seraitinsuffisant) sont avant tout non-volatiles, non-éthérées, adhérentes,multipliant les moyens de coller la langue et de coller à la langue (lepicard et l'orthographe phonétique n'en sont que deux minuscules exemples).Mais si le projet du livre (de la réunion de tels textes) est étrange et fou(crétin, c'est moins sûr - ou alors d'une crétinerie paysanne érudite qu'onforgerait là sous nos yeux), les textes eux-mêmes explorent tous lesregistres de la drôlerie (au hasard : le dialogue entre un Rimbaud paysan etl'abbé Dreuil (sic) - Treuvè quiq'chose, Monsieur l'abbé ? - interrompu parPierre Jean Jouve en facteur et Bernanos en motocycliste !). Il y auraencore beaucoup de choses à dire sur cette réédition - indispensable, est-ilbesoin de le préciser - et sur la cosaquerie non-enregistrée à laquelleappartiennent son/ses auteur(s).