Ultra-Proust de Nathalie Quintane (2) par Bertrand Verdier

Les Parutions

27 avril
2018

Ultra-Proust de Nathalie Quintane (2) par Bertrand Verdier

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Pourquoi y a-t-il des lecteurs plutôt que rien ?

 

 

« que la lecture de certains textes relève de l'expérience qu'on fait […] et ce, jusqu'à nous (lecteurs) pousser à agir ailleurs que dans les livres, je crois que pour la plupart, nous ne parvenons pas à le transmettre »

                       (Nathalie Quintane : Les années 10 ; La Fabrique éditions, 2014, p. 196)

 

 

 

 

Ce que je lis de ce que j'ai lu de Nathalie Quintane :

 

 

« Au passage à niveau, je m'arrête de penser

pour regarder passer le train. »

                       (Remarques 1 : En voiture ; Cahiers de Nuit, 1994, p. 4)

 

« apporte une stabilité, un confort, presque une sérénité, d'avoir simplement été pensée, plutôt que rien »

                       (in If, n° 6, avril 1995, p. 76)

 

« Ce nom n'a pas d'autre nom :

En plus de lettres qu'il n'en faut, ce nom ne peut être dit. »

                       (Chaussure ; Contre-Pied, 1995, p. 8)

 

« On ampute une jambe morte »

                       (in Doc(k)s, n° 3. 9/10/11/12, hiver 95/96, p. 274)

 

« L'interlocuteur se transforme en spectateur de la bouche qui parle. »

                       (in Axolotl, hors-série n° 1, mai 1996, p. 5)

 

« Qu'est-ce qui s'exerce,

se substituant aux réponses classiques ? »

                       (in Revue de littérature générale, n° 96/2, mai 1996, texte 33)

 

« Quand il m'arrive de penser au mot "Nathalie" (qui est mon prénom), je suis à peine frappée par le peu de retentissement que cela a. »

(in Nioques, n° 1.2, octobre 1996, p. 115)

 

« Ô Rey Florence, enfin tu auras le temps

de passer ta licence de philosophie. »

                       (in Ceux qui nous chantent, n° 1, décembre 1996, p. 9)

 

« plutôt regarder un melon, que ne rien voir, car c'est voir un melon, ou rien »

                       (in Java, n° 15, hiver 96/97, p. 79)

 

« Sur l'autoroute, près de Romans, un panneau rectangulaire de couleur marron représente »

                       (Chaussure ; P.O.L, 1997, p. 11)

 

« l'écrit aurait été d'emblée public, de tous visible »

                       (in Action poétique, n° 147, été 1997, p. 104)

 

« Le raffinement de la recherche s'épanouit dans les modes d'ouvertures et de fermetures »

                       (in'''Le Cahier du Refuge''', n° 60, novembre 1997, p. 22)

 

« Je sais qu'à un moment, il faut que je mette : Denis Roche. Voilà c'est fait. »

                       (in Java, n° 16, hiver 97/98, p. 75)

 

« J'ai envoyé des textes aux revues Magyar Muhely, R.R., Java, Nioques, Doc(k)s, Mohs, If, Action poétique, Ovecmonapur, Aiou, de Littérature Générale, Perpendiculaire, Prospectus, numéros 91, 11, 15 et 16, 9 et 1.2, 3, 6, 0, 1, 11, 2, 5 et 8, 6, hiver 94/95, hiver 95/96. »

(in '''Le Cahier du Refuge''', n° 68, septembre 1998, p. 29)

 

« les fils ou les pères mineurs, les filles ou les mères mineures, ont rempli quelques cahiers pas destinés en mélangeant un peu tout : bribes de Grands Écrivains, journalisme, poésie (etc).

Autrement dit, le travail est déjà fait. »

                       (in Procès, non numéroté, février 2000, np)

 

« Comment tu mourus, Pierre Goldman, ton demi-frère

Jean-Jacques ne le dit pas dans ses chansons. »

                       (Camarades ; l'Attente, collection "Week-end", 2000, np)

 

« On peut alors radicaliser l'hallucination – dans l'idée qu'un moins plus un moins produit un plus »

                       (in'''Le Cahier du Refuge''', n° 85, avril 2000, p. 22)

 

« effort de reconduction d'une image passée sur une déjà-autre image »

                       (in TIJA, n° 6, octobre 2000, np)

 

« la bonne poésie contre le Mauvais Monde Marchand […] le poète (tandis qu'il libère ses lecteurs reconnaissants) se retrouve, lui, associé à la Valeur Poésie revenue en grande pompe »

                       (in Procès, non numéroté, janvier 2001, p. 1)

 

« Ici, on ne lit que/ des effets de langue. »

                       (Champagné-les-Marais ; Contre-Pied, 2001, p. 11)

 

« tentative, ligne jetée dans le courant en espérant que ça morde sans qu'on s'entortille dans le fil ou qu'on casse le moulinet »

                       (in Issue, n° 1, janvier 2002, p. 65)

 

« sans préjudice notable […] pour le lecteur qui n'y verra que du feu dans la mesure où les éléments du mardi n'appartiennent pas suffisamment en propre au mardi. »

                       (in À quel titre, 31 mai 2002, p. 25)

 

« "post-modernes" que nous sommes tous, en re-lecteurs critiques, en monteurs assimilateurs, l'art étant une lecture de choses déjà lues, déjà représentées, l'artiste étant plus que jamais un artiste réflexif, une dcamais poilue »

                       (des pièces retardées, in richard fauguet ; Cahier de l'abbaye sainte-Croix, n° 97, 2002, p. 14)

 

« siphon bonbon vieux con

c'est pas seulement

par le lexique que

ça se pâme il

faut trouver une solution »

                       (Mes Pouchkines ; Éditions de l'Attente, 2004, p. 31)

 

« je n'aime pas les lecteurs-sparadraps qui vous collent sans distance et dont vous ne pouvez vous dépatouiller »

                       (Une oreille de chien ; les éditions du chemin de fer, 2007, p. 19)

 

« Quel que soit le côté vers lequel je tire ensuite le livre ("document" ou "poésie"), ce ne sera de toute façon que le produit du test de lecture qu'est ce livre - et tout livre (autrement dit : je ne peux m'en prendre qu'à moi-même et aux jeux de langage qui me gouvernent) »

                       (Valérie par Valérie de La Rédaction ; www.sitaudis.fr, 5 septembre 2008)

 

« Le spécialement poétique ne se niche pas uniquement dans l'affectueux de l'anecdote, mais dans le démarrage critique qu'elle peut provoquer. »

                       (Astronomiques assertions, in collectif : « Toi aussi, tu as des armes » -poésie et politique ;    La Fabrique éditions, 2011, p. 178)

 

« des termes datés qui changeaient le monde en une grande littérature ; une grande littérature, voilà ce qu'était devenu le monde et ceux qui étaient le plus à même de le lire, eh bien c'étaient »

                       (Plomb polonais ; éditions confluences/ fracAquitaine,

collection "Fiction à  l'œuvre", 2013, p. 13)

 

« Pourquoi y a-t-il des pauvres plutôt que rien ? »

                       (Les années 10 ; La Fabrique éditions, 2014, p. 159)

 

« les philosophes aimeraient que chaque homme soit philosophe, les économistes que chacun soit économiste, et les poètes que la poésie soit faite par tous »

                       (Parler d'art en plein tournant mécénal, in collectif : L'art et l'argent ; Éditions

                       Amsterdam, 2017, p. 132)

 

« la poésie n’est plus seule,[...], l’agacement et la colère sont en train de se changer depuis quelques années en mouvement de fond, en mouvement d’opposition […] qu’est-ce qu’on nous entend ! Qu’est-ce qu’on les emmerde… à hauteur de 2500 gendarmes, des drones et des blindés dans le bocage, tout de même… Quel honneur ! Quelle reconnaissance ! […] C’est dans ce contexte que peuvent se comprendre le rôle et la place de la poésie : un usage concret, ordinaire et offensif des mots »

                       (entretien avec Emmanuèle Jawad ; diacritik.com, 25 avril 2018)

 

 

 

 

«je ne dis pas que les lecteurs de livres insolites et politiques ne manifestent pas, il y en a bien parmi eux qui ont manifesté tout en lisant ces livres, et qui ne voyaient pas pourquoi on devrait abandonner l'un pour mieux faire l'autre (je suis de cet avis) »

(Ultra-Proust ; La Fabrique éditions, 2018, p. 70)