Nous avions de David Lespiau par Jacques Barbaut

Les Parutions

28 juil.
2014

Nous avions de David Lespiau par Jacques Barbaut

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N
AVIONS
U
S

 

— étendre les bras est un jeu d’enfant —

 

     Après que nous eûmes reçu Nous avions, sans virgule séparatrice, de David Lespiau, nous nous sommes demandé, en somme : « Qu’avions-nous ? »

 — En compression, l’abrégé de Mon avion et moi, « autobiographie technique et parfaitement assommante de Charles August Lindbergh » (pas Strindberg), soit, entre guillemets, cette mise au point sur le premier segment du titre — célébrons dès à présent la première traversée aéronautique de l’Atlantique en solitaire sur le Spirit of St. Louis, monoplan, New York-Paris, 1927, et son effet de foule :

     « le nous des rédacteurs en chef, sommes familiarisés avec lui ; mais jusqu’à votre arrivée à Paris, nous ne connaissions pas le nous aéronautique. Vous avez donné au monde un pronom d’aviation ».

 — La relation perturbée d’un crash (pas krach) en milieu marin

« l’avion aura heurté la mer (pourtant particulièrement basse) là »

     perturbée pour cause de la perte d’émission de la boîte noire (faute à une faille dans la tectonique des plaques).

 — Un « morceau de lune borgne de Méliès » et un homme-canon au maillot rayé.

 — Un meeting aérien avec acrobaties (langagières), parcours en huit, piqués de zéros, « loopings, vrilles, tonneaux, renversements sur l’aile, laissant filer derrière… un sillage de fragments légers », montées en volutes et descentes en torche.

 — Nombre d’hélices (x), ou rotoreliefs, ou « spirales hypnagogiques », pour la suspension en l’air, un bidon d’huile (1,5 litre) pour la fluidité, un « boulon lambda de vis avant droite desserré » pour le détail qui peut tuer et un compas pour faire le point…

       Si Nous avions, de David Lespiau, nous propose bien l’exploration cahin-caha – à bord d’un plus-lourd-que-l’air –, version tremblée, des zones célestes, astronomiques – voire simplement supraterrestres, ou « la lévitation expliquée aux débutants » –, voilà donc un recueil – composé en reprenant notamment trois textes parus autrefois chez Contrat maint – auquel ne messiérait pas cette formule qui l’entourerait en guise de bandeau, de sangle (en caoutchouc) :

 

POUR PRENDRE UN PEU DE HAUTEUR

 

— là, tu sens l’air vibrant ?  —