Salut, salut Marxus de Gwenaëlle Stubbe par Nathalie Quintane

Les Parutions

18 mars
2006

Salut, salut Marxus de Gwenaëlle Stubbe par Nathalie Quintane

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Gwenaëlle Stubbe est, avec Charles Pennequin, l'un(e) des meilleur(e)s lecteur/performer d'aujourd'hui. A mi-chemin entre la tenancière d'un music-hall flamand des années 20 et une jeune Vénusienne fraîchement débarquée, elle aligne d'une voix de gorge des propositions encore plus stupéfiantes que sa présence scénique : l'histoire d'un " type coincé " :

Coincé. Il est coincé - avec - pas la moindre dilatation de peau .

ou le fameux " homme-gouttière " :

Il lui faut un homme-sac pour se ramasser.

Certains personnages rappellent ceux de Michaux, mais les fictions de Stubbe tirent leur incongruité d'autres outils. Elle ne néologise pas. Elle ne décrit aucun combat. Elle introduit dans un ensemble à peu près "réaliste" des mots qui ne renvoient à rien, étant là (presque sur le mode d'un surgissement) pour créer un vide de sens - un trou d'air - autant qu'une image :

Il tire vite sa gueule entre.

Reste bien sur toute ta chemise !

Quelques pièces sont d'une fabuliste : Point de vue sur l'espèce humaine et son extraordinaire requête finale :

la conclusion par groin de la face humaine.

D'autres s'attaquent drôlement (à tous les sens du terme) à l'enfermement urbain et à nos conditionnements capitalistiques :

Mon appartement est décoré couleur bagnole.

L'humour anomique de Stubbe cristallise dans ses titres, géniaux (La mauvaise habitude chez Marxus de dire les choses avec élan à un public qui n'en a rien à cirer , Vue sur clochard après la neige ...).
Il faut lire Salut, salut Marxus ... et voir Stubbe en scène.