N°18 L'ESTOMAC par Frédérique Guétat-Liviani

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

N°18 L'ESTOMAC par Frédérique Guétat-Liviani

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Les hommes sont aux machines. Ils tournent dans les ateliers.
Le travail consiste à broyer écraser aplatir les différents matériaux qui arrivent afin
d'obtenir un produit uniforme une mixture homogène une denrée consommable et digeste.
Selon les ingrédients entreprendre le broyage est plus ou moins fastidieux.
Les premiers jours sont rudes. Ils sont éprouvants.
On se dit que l'on n'y parviendra pas.
Au bout de quelques semaines on prend le coup.
On reconnaît le geste on apprend à frapper au bon endroit.
Alors on est apte à briser les coquilles à broyer les os à aplatir les résidus
à réduire les pelures à néant.
Le soir on est content. Le contentement réduit la peine.
Les meilleurs casseurs s'élèvent dans la hiérarchie. Ils cassent de mieux en mieux.
Ils créent l'émulation.
D'autres ne voient pas évoluer leur carrière c'est qu'ils ne cassent pas bien.
Leur geste est incertain ils se découragent s'isolent puis s'absentent.