Vive la Seconde République par Tristan Hordé
- Partager sur :
- Partager sur Facebook
- Épingler sur Pinterest
À une époque où un milliardaire veut imposer son idéologie dans une chaîne de télévision, dans l’édition en publiant les professions de foi de l’extrême droite, en licenciant le directeur d’une maison d’édition (que certains rebaptisent « laquais »), en menaçant l’avenir du cinéma français, il est salubre de se souvenir que ces personnages tout puissants un temps ne sont pas éternels. La royauté, fort nocive, est tombée en 1848 et la Seconde République, dont la vie fut trop brève, a pris des initiatives qui peuvent faire rêver aujourd’hui quand on lit le document emprunté à une exposition consacrée au théâtre de George Sand, ardente républicaine, à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
George Sand salue en 1848 la naissance de la seconde République en fondant un journal La Cause du Peuple et en écrivant une pièce, Le Roi attend, inspiré de L’Impromptu de Versailles de Molière. La pièce a été jouée, à la Comédie Française, rebaptisé Théâtre de la République. Pendant des intermèdes de la représentation, gratuite, la comédienne Rachel chantait La Marseillaise et une amie de Sand, la cantatrice Pauline Viardot, interprètait une cantate qu’elle avait composée, La Jeune République.
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
LIBERTÉ ÉGALITÉ PRATERNITÉ
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS,
LE MINISTRE DE LINTÉRIEUR,
Considérant que si l'État doit au Peuple le travail qui le fait vivre, il doit aussi encourager tous les efforts tendant a le faire participer aux jouissances morales qui élèvent l'âme ;
Considérant que les représentations des chefs-d'œuvre de la scène française ne peuvent que développer les bons et nobles sentiments ;
Sur l'offre faite par le citoyen Lockroy, commissaire du Gouvernement près le théâtre de la République ;
Sur le rapport du directeur des beaux-arts ;
ARRÊTE :
Le Commissaire du Gouvernement près le théâtre de la République est autorisé à donner gratuitement, et à des époques rapprochées, des représentations nationales.
Ces représentations seront composées des ouvrages des maitres de la scène française interprétés par l'élite des artistes du théâtre. Dans les entr'actes des intermèdes musicaux exécuteront des airs et des chants nationaux.
La salle sera divisée en stalles numérotées, chaque stalle aura son billet.
Ces billets seront envoyés par portions égales et par coupons de deux places aux douze municipalités, à l'Hôtel de Ville, à la préfecture de police, pour être distribués aux écoles, aux citoyens (…).
